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Trump laisse le champ libre à la Fed......

N°360



Semaine du 27 Février au 3 Mars 2017


L’intervention de Donald Trump mardi soir était très attendue. Lors de ce discours, le président nous est apparu moins pessimiste et moins virulent, que lors de ses dernières interventions. Cette attitude, plus présidentielle, fait suite à un premier mois très agité au cours duquel le président a dû essuyer plusieurs échecs notamment en ce qui concerne son décret sur l’immigration. Ce discours, résolument plus optimiste, témoigne de la volonté du président de se montrer plus modéré dans ses propos même si sur le fond son programme demeure inchangé. En cela, il a refait part de son intention de réformer en profondeur l’Obamacare pour le rendre plus efficient. La baisse des impôts, mesure phare du programme du président a également été abordée, ce qui a permis à Donald Trump de rappeler que ce seront essentiellement les classes moyennes qui seront concernées. Il est en revanche resté beaucoup plus flou pour ce qui est des impôts sur les sociétés. En ce qui concerne les investissements liés aux infrastructures, le président est resté là encore très flou même s’il a confirmé le montant de 1000 milliards de dollars déjà évoqué. Le financement d’une telle dépense n’a malheureusement toujours pas été abordé. C’est finalement sur l’immigration que le président Trump s’est montré le plus consensuel en évoquant maintenant un large plan de réforme de l’immigration bien éloigné des premiers décrets qu’il avait signé.


Au final, si le discours de Donald Trump a assez largement évolué sur la forme, le fond à quant à lui cruellement manqué de consistance. Aucun calendrier ni même d’échéance n’ont été donné, pas plus que la façon dont sera financée la mise en place de ce programme. Cette absence de détail laisse à penser que la mise en place de ces réformes sera longue, limitant ainsi leur impact économique sur l’année en cours. Cela laisse donc le champ libre à la Fed dans la poursuite de son resserrement monétaire qui devrait s’effectuer en trois temps comme initialement annoncé. Rendez-vous est donc pris le 15 mars prochain pour la prochaine réunion de la Fed qui devrait constituer la première des trois hausses de taux que le consensus évalue à 25 bps.


En Europe aussi la BCE devrait finir par diminuer sa politique de quantitative easing d’ici la fin d’année ou en tout début d’année prochaine. Les derniers indicateurs macroéconomiques sont en effet toujours excellemment bien orientés, et une telle politique de la part Mario Draghi apparait comme étant de moins en moins justifiée.


Au Royaume-Uni, les tensions sont fortes autour du Brexit. Alors que la Première Ministre britannique avait opté pour le contrôle des frontières plutôt que pour le maintien du marché unique en janvier dernier, la chambre des Lords s’apprête a voté un amendement destiné à protéger les droits des trois millions d’immigrés européens actuellement sur le sol britannique et dont la présence était remise en cause par le Brexit. Notons également l’éventualité d’un referendum écossais pour son indépendance, renforcé par l’orientation choisie par Theresa May et la décision de la Haute Cour qui n’avait pas jugé nécessaire de consulter les régions aux pouvoirs dévolus dans le processus d’activation du Brexit.