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Un mois après l'investiture, les Etats-Unis tutoient toujours les sommets......

N°358



Semaine du 13 au 17 Février 2017


Aux Etats-Unis, bientôt un mois après l’investiture de Donald Trump, les indices américains continuent de battre des records. Le S&P 500 a en effet passé lundi la barre des 20 000 milliards de dollars de capitalisation, soit un rebond de 240% par rapport à ses plus bas de mars 2009, où la capitalisation cumulée de l’indice peinait à dépasser les 6 000 milliards. S’il est difficile d’évaluer la corrélation de ces performances avec l’élection du nouveau président américain, on peut néanmoins penser que cette embellie des marchés financiers est en grande partie justifiée. En témoignent les indicateurs macroéconomiques avancés comme l’indice PMI encore en hausse au mois de janvier, qui bat les attentes du consensus, et fait suite à une croissance renforcée tout au long du second semestre 2016. On notera aussi la bonne tenue des prix du pétrole qui impacte de façon positive l’industrie, et notamment l’industrie américaine, ainsi que les bonnes publications des entreprises américaines en ce début d’année. Tout cela contribue à faire revenir les indices à leurs plus haut d’avril 2015.


En parallèle, Janet Yellen est intervenue ce mardi devant la commission des finances du Sénat. Au cours de cette intervention, la présidente de la Fed a clairement laissé entendre qu’elle n’alignerait sa stratégie avec le programme inflationniste de Donald Trump, concédant ainsi son intention de relever les taux lors d’une prochaine réunion de politique monétaire, peut-être le 15 mars prochain. Cette annonce laisse à penser que la Fed serait alors désireuse de tenir son calendrier de trois hausses au cours de l’année quand le consensus en attend deux. Les taux souverains américains ont en conséquence progressé de 5 bps en fin de séance, entrainant dans leur sillage les taux européens.


Au Royaume-Uni, le marché de l’emploi se porte toujours aussi bien avec un taux chômage qui continue de reculer, atteignant ainsi son plus bas depuis l’été 2005 à 4,8%. L’inflation est également en augmentation, à 1,8% le mois dernier, soutenu par la chute de la livre qui devrait à terme peser sur le pouvoir d’achat des Britanniques. Après une croissance de 2% en 2016, l’économie Britannique devrait toutefois ralentir dans les mois à venir à cause des incertitudes liées au Brexit. Cet environnement incertain, tant au niveau européen que mondial, pèse également sur l’Allemagne qui en dépit d’une croissance en hausse peine à retrouver de l’inflation, puisque l’inflation sous-jacente retombe à 1,5% après une hausse à 1,9% en décembre.


A l’inverse de l’Allemagne, la Chine ne connaît pas ces problèmes, et constitue toujours l’un des principaux générateurs d’inflation à l’échelle mondiale. Les prix à la consommation ont en effet augmenté de 2,5% en janvier contre 2,1% en décembre en glissement annuel. Idem pour les prix à la production qui passent sur la même période de 5,5% à 6,9%. Ces chiffrent prouvent, s’il était encore nécessaire, que la banque centrale chinoise doit poursuivre le resserrement de sa politique monétaire.


Enfin, nous apprenons également ce mercredi que le Parlement Européen a ratifié le CETA, l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Canada. Cet accord, dont une grande partie pourrait entrer en vigueur dès le mois d’avril en attendant sa ratification complète par l’ensemble des Parlement nationaux de l’UE, symbolise une forme de réponse à la politique ultra protectionniste instaurée par Donald Trump aux Etats-Unis. Plus qu’un simple accord supprimant en partie les droits de douane, le CETA porte également sur une coopération en matière sociale, sanitaire, et environnementale entre l’UE et le Canada.