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Mais que fait Donald ?......

N°356



Semaine du 30 Janvier au 2 Février 2017


Voilà maintenant à peine plus d’une semaine que Donald Trump a pris place à la maison Blanche, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le nouveau Président n’est pas resté inactif. Il s’est en effet employé à signer un nombre invraisemblable de décrets, tenant ainsi ses promesses de campagne : mur, Obamacare, avortement, libre échange, réfugiés et plus encore, tous les thèmes de sa campagne ont été passés en revue les uns après les autres. Si la majorité de ces décisions fera l’objet d’un vote au Congrès, Trump a néanmoins donné le tempo et le cap de sa présidence. Mais pour combien de temps ? On entend en effet beaucoup parler de « Trumponomics » ou encore de « Trumpflation » désignant la politique de relance et de dépense de Trump, mais les effets de cette politique ne seront visibles qu’à court terme. En effet, entre le plein-emploi et la pression à la hausse sur les salaires, le pays est dans une situation telle que la croissance réelle ne pourra excéder sa croissance potentielle de l’ordre de 2%. Avec sa politique protectionniste Trump risque donc d’augmenter le déficit commercial du pays et l’appréciation du dollar. Sur les marchés, cela se matérialise par un rebond des taux à dix ans (+63 bps depuis l’élection de Trump). Après l’euphorie de du début de l’ère Trump, c’est maintenant une certaine crainte qui règne sur les marchés américains qui signaient lundi leur pire journée depuis le début de l’année.


La situation américaine pourrait cependant profiter à l’Europe à certains égards. Le vieux continent pourrait ainsi bénéficier du déficit commercial des Etats-Unis pour accroitre ses exportations. D’autre part, l’inflation en Europe, et notamment en Allemagne, tend à s’approcher des 2% requis par la BCE pour lever sa politique d’achat. Tous les indicateurs semblent donc être au vert, mais la fragmentation qui règne au sein de la zone euro pourrait venir retarder les échéances fixées par la BCE. L’Italie est certainement le pays qui illustre le mieux cette fragmentation. La situation du pays, qui est la troisième puissance économique de la zone euro, ne cesse d’inquiéter, et la BCE devra donc se montrer prudente.


En France, le quatrième trimestre a tenu ses promesses et tire la croissance du pays pour 2016. Les regards sont maintenant tournés vers les élections présidentielles qui arrivent à grands pas. A ce titre, l’issue de la primaire à gauche a permis de clarifier les la composition de l’échiquier politique pour cette présidentielle. Les campagnes présidentielles peuvent donc définitivement débuter, à l’exception de quelques ajustements mineurs, et le premier constat est que le spectre politique est très large avec des positionnements idéologiques extrêmement opposés qui pourraient au final mener à une forte dispersion des sièges au sein de l’Assemblée Nationale.


Enfin, au Japon, la Banque Centrale a tenu sa réunion de politique monétaire. Il en ressort que l’institution a décidé, à 7 voix contre 2, de maintenir sa stratégie (achat d’obligations d’Etat et taux à 10 ans proches de 0%) confirmant ainsi la présence et l’accompagnement de la Banque jusqu’au retour attendu de l’inflation.