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Les matières premières pèsent lourd......

N°301



Semaine du 09 Décembre au 13 Décembre 2015


Alors qu’il était très attendu, le conseil de politique monétaire de la BCE du jeudi 3 décembre a finalement déçu les marchés. Bien que l’institution ait annoncé 5 mesures permettant d’assouplir davantage encore sa politique monétaire, la BCE n’a toutefois pas annoncé, comme le marché s’y attendait, d’augmentation du montant mensuel d’achat en obligations souveraines et la baisse du taux de facilité de dépôt s’est avérée en deçà des attentes. La fébrilité, qui prévaut sur les marchés financiers depuis la déception provoquée par la BCE, limite la capacité des marchés financiers à digérer les mauvaises surprises telles que celles générées par le groupe minier Anglo American qui supprime son dividende. Alors que Mario Draghi continue de clamer sa volonté de mettre en oeuvre toutes les mesures nécessaires pour permettre à l’inflation de revenir rapidement vers l’objectif de 2%, plusieurs responsables, sous le sceau de l’anonymat, tiennent des propos assez différents. Ils estiment que la situation ne justifiait pas une action excessive et ils ne voulaient pas coincer la Fed en faisant baisser l’euro de manière trop prononcée. La décision finale est donc un compromis entre les deux extrêmes.


Aux Etats-Unis, alors que le début du resserrement monétaire est imminent, la question de la suite est sur toutes les lèvres. James Bullard, le Président de la Fed de Saint Louis, a expliqué qu’une simple conviction ne serait plus suffisante pour poursuivre la hausse des taux directeurs. Les membres de la banque centrale voudront constater le rebond de l’inflation pour agir. Or, la faiblesse des cours des matières premières et la vigueur du dollar limiteront la remontée des indices de prix. La Fed procédera donc à un resserrement monétaire très lent qui nécessitera que le dynamisme de l’inflation domestique outrepasse les effets négatifs en provenance du reste du monde.


Au Japon, les chiffres de croissance du 3ème trimestre ont été révisés à la hausse, le pays ayant finalement évité la récession. Cette révision tient essentiellement aux investissements, ce qui constitue un signe positif pour l’activité des prochains trimestres.


En Chine, les chiffres du commerce extérieur rassurent modérément. Les importations remontent pour le 2ème mois consécutif mais restent encore en baisse par rapport à leur niveau de l’année dernière. Si la consommation résiste, elle peine à compenser les effets négatifs du ralentissement des investissements sur la demande domestique globale.


Dans ce contexte, les marchés européens sont affaiblis par le manque de dynamisme des prix des matières premières et notamment par la faiblesse du Brent, qui pèsent sur les valeurs minières entre autres, et ce malgré une légère accalmie en ce mercredi 9 décembre. La suite dépendra fortement de l’évolution des cours du pétrole qui pèsent négativement sur l’inflation depuis plus d’un an. Or, l’échec des négociations des membres de l’OPEP, qui ont abandonné toute référence à un plafond de production dans leur communiqué, laisse à penser que l’ère du pétrole bon marché est loin d’être finie.