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La Chine sème le doute…...

N°305



Semaine du 04 Janvier au 08 Janvier 2016


Ce début d’année s’annonce houleux sur les marchés financiers avec la chute des bourses asiatiques. Les marchés actions chinois ont chuté de 7% ce lundi 4 janvier provoquant la première utilisation du nouvel outil de suspension des cotations. A l’origine de cette baisse, les craintes sur la croissance chinoise suite au recul des indices PMI (en décembre à 48,2 contre 48,6 en Novembre) et surtout l’imminence de la fin de l’interdiction de ventes de certains titres qui avait été mise en place cet été face à la panique boursière. Malgré les mesures de soutien prises par le gouvernement, l’industrie reste à la peine du fait d’une demande mondiale moins soutenue et du ralentissement des investissements en Chine. L’onde de choc s’étend à l’ensemble de l’Asie et risque de toucher aussi l’Europe et les Etats-Unis alors que les doutes sur la croissance mondiale seront au coeur des préoccupations des investisseurs durant les premiers mois de l’année.


Dans ce contexte anxiogène, le yuan poursuit sa baisse alimentée par les sorties de capitaux. Pour le reste du monde, les conséquences du ralentissement chinois sont multiples. Pour les autres pays émergents, il entretient un climat de défiance qui pèse sur leurs devises et contraint leurs banques centrales à maintenir des politiques monétaires restrictives. Pour les pays développés, un des enjeux risque d’être les impacts sur l’inflation importée.


La BCE sera donc bien contrainte d’être présente durablement. En effet, les chiffres d’inflation allemands pour le mois de décembre publiés hier ont rappelé que la zone euro ne pouvait toujours pas tourner la page du risque déflationniste. Le taux d’inflation est retombé à 0,3% (0,2% pour le taux d’inflation harmonisé) contre 0,4% en novembre (0,3% pour le taux d’inflation harmonisé).


Les récentes statistiques américaines ont été décevantes et ce contexte incertain devrait inciter la Fed à procéder à un resserrement monétaire plus lent que les dernières déclarations des membres de l’institution ne le laissent penser. La Fed sera également toujours confrontée à des effets négatifs en provenance du reste du monde avec la faiblesse du cours des matières premières. Le baril du pétrole reste sur des points bas et son impact sur l’inflation ne se dissipera totalement que dans la seconde partie de l’année. La banque centrale devra donc attendre que les tensions inflationnistes domestiques s’accroissent, ce qui passera par des hausses de salaires plus importantes.


Cette augmentation alimentera l’appréciation du dollar qui atteint des plus hauts récents. Face à l’euro, le mouvement sera amplifié par l’action de la BCE. Par ailleurs, l’appréciation du dollar et des taux américains augmentera les coûts de financement des pays émergents et aura donc des conséquences sur le reste du monde.


La banque centrale devra également intégrer dans sa stratégie la faiblesse des prix du pétrole. Les tensions entre l’Arabie Saoudite et l’Iran devraient inciter les deux pays à ne pas limiter leur production afin de capter le maximum de ressources financières. L’abondance de l’offre est donc loin de s’achever, ce qui pèsera encore sur les cours en 2016.