Document sans titre

Les banques centrales devront s’adapter…...

N°304



Semaine du 28 Décembre au 01 Janvier 2016


Les consommateurs américains ne réalisent certainement pas le rôle qu’ils doivent jouer pour éviter que la croissance mondiale ne rechute. Au regard de toutes les statistiques publiées la semaine passée aux Etats-Unis, le poids sur leurs épaules est considérable. L’investissement et le commerce extérieur sont en plein ralentissement et seuls la consommation et l’immobilier font preuve de dynamisme. A eux deux, ils peuvent porter la croissance américaine d’autant que la faiblesse des prix des matières premières, le recul du chômage et les hausses de salaires ont contribué à l’augmentation rapide du revenu disponible. Mais le moindre coup d’arrêt pourrait remettre en cause tout le scénario pour l’année 2016. Un fléchissement de la consommation ferait chuter le taux de croissance en dessous de 2%, ce qui limiterait les pressions inflationnistes. La Fed serait alors obligée de revoir sa stratégie et le resserrement monétaire serait ralenti voire abandonner. Mais ceci n’est pas un scénario enviable, nous pouvons rester confiants dans la capacité de croissance aux Etats-Unis cependant les consommateurs devront être surveillés avec la plus grande attention durant toute l’année 2016.


En Europe, la prudence est de mise pour Yves Mersch, l’un des membres de la BCE, bien qu’il n’ait fait que réitérer les propos officiels : la BCE a encore toute une gamme d’outil à sa disposition pour agir, et que les outils en place peuvent être modifiés pour avoir plus d’impact si nécessaire. Ces deux éléments continuent de faire passer au second plan le risque politique en Espagne, alors que la situation est clairement dans l’impasse, aussi bien pour la constitution d’un gouvernement, que pour l’élection d’un Président pour la Catalogne.


Concernant les pays émergents, l’atterrissage des rythmes de croissance restent compliqué, comme en témoigne aussi bien les indicateurs avancés d’activité en Chine, que l’indice PMI manufacturier en Russie pour décembre, qui passe sous 50. Alors qu’au Brésil, la question de la soutenabilité de la dette devient préoccupante avec une augmentation du déficit budgétaire total qui atteint un point historiquement élevé, augmentant le ratio de dette à 65% du PIB.


Quant aux matières premières, le pétrole bon marché pénalise toujours et encore les pays producteurs, alors que les pays émergents qui subventionnent le cours des matières premières (Chine ou Inde par exemple) profitent à l’inverse de la baisse des cours pour réduire les subventions, améliorant les comptes publics, mais limitant l’impact sur l’économie.
Dans ce contexte, les propos des autorités iraniennes concernant leur volonté d’exporter autour de mi-2016 un million de baril en plus ont fortement pesé sur le cours du pétrole en début de semaine, mais aussi plus généralement sur les marchés actions et les taux obligataires. L’évolution de l’euro, des marchés actions et des marchés obligataires inversent les tendances observées précédemment, nouvelle confirmation que la faiblesse des volumes permet aux acteurs de marché présents d’orienter les indices plus facilement.