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La Fed devrait rester prudente…...

N°302



Semaine du 14 Décembre au 18 Décembre 2015


Après des années de politique monétaire ultra accommodante, la Fed est la 1ère « grande » banque centrale à se préparer à amorcer un virage dans sa stratégie. A l’issue de sa réunion de deux jours qui débute ce mardi 15 décembre 2015, elle devrait procéder à une augmentation de 25 pb de ses taux directeurs, les fixant à 0,25-0,50% et actant ainsi le retour du pays à une situation proche du plein emploi. Toutefois, si le marché du travail s’est redressé au cours des dernières années, les nouvelles du côté de l’inflation sont loin d’être aussi favorables. Du fait de l’appréciation du dollar et de la chute des cours des matières premières, le taux d’inflation est quasiment nul, très loin de la cible de 2% de la Fed. Or, ces vents contraires devraient persister en 2016 poussant la banque centrale à procéder à un resserrement monétaire particulièrement lent et la prochaine augmentation ne devrait intervenir qu’en juin 2016. Elle aura besoin de voir l’inflation remonter de manière effective avant d’agir.


Du fait de la prudence de la banque centrale, les impacts de la réunion de politique monétaire devraient rester modestes à court terme. Toutefois, le différentiel de politique monétaire va se creuser entre les Etats-Unis et le reste du monde, ce qui engendrera une appréciation du dollar face à l’ensemble des principales devises. L’euro devrait donc reculer lentement face au billet vert tout au long de l’année 2016.


Alors que l’annonce de resserrement monétaire par la Fed est attendue ce mercredi 16 décembre après clôture des marchés, le gouverneur de la BoE, M. Carney considère que les conditions économiques requises pour justifier un resserrement monétaire ne sont pas remplies actuellement. Outre un léger ralentissement de la croissance au T3-15, la dynamique des salaires faiblit depuis le mois de juillet alors que le prix du pétrole recule à nouveau depuis quelques mois. Dans un environnement de taux durablement bas, la BoE restera attentive à l’évolution des crédits. La Banque d’Angleterre se démarquera de la Fed et ne lui emboitera pas le pas rapidement.


Par ailleurs, malgré des statistiques économiques en légère amélioration, les doutes autour de la Chine restent importants. Selon l’Institut de la finance internationale, les sorties de capitaux dépasseront les 500 MM$. Face à ces flux, les autorités ont les plus grandes difficultés à défendre leur devise malgré l’utilisation de leurs colossales réserves de change. Cette baisse de la monnaie chinoise viendra alimenter la dynamique déflationniste mondiale en pesant sur les prix des importations des économies développées.


La publication du Tankan, enquête trimestrielle de la banque centrale japonaise sur les entreprises, conforte l’idée que ces dernières restent confiantes quant aux conditions actuelles au T4-15. Globalement, même si les entreprises gardent le moral, les plans d’investissement pourraient être remis en cause, alors qu’elles anticipent une dégradation des perspectives autant dans le secteur manufacturier que celui des services dans les 3 à 6 prochains mois. Ce point souligne la nécessité pour les autorités japonaises de maintenir un yen faible contre dollar.