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Les cours du pétrole sous pression… ...

N°307



Semaine du 18 Janvier au 22 Janvier 2016


La levée des sanctions contre l’Iran ce week-end pèse de manière additionnelle sur le cours du pétrole cette semaine. Attendu depuis des mois, le pétrole iranien va faire son retour sur les marchés internationaux suite à la levée des sanctions économiques dans le cadre de l’accord sur le programme nucléaire du pays. Dès ce weekend, des tankers pleins ont quitté les ports iraniens venant amplifier le phénomène de surabondance de l’offre de pétrole. L’incertitude réside désormais dans la capacité de l’Iran à relancer sa production. Les autorités ont un objectif de 6 millions de barils par jour alors qu’actuellement, la production est légèrement inférieure à 3,5 contre 4,2 avant les sanctions. Alors que la guerre des prix faisait déjà rage, la rivalité entre l’Iran et l’Arabie Saoudite ne laisse pas présager d’une accalmie, maintenant sous pressions les cours du pétrole.


Les banques centrales prennent de plus en plus en compte la détérioration du contexte économique mondial. Notamment la rechute du baril de pétrole : le gouverneur de la banque d’Angleterre a exprimé hier la prudence dont son institution fera preuve au regard du contexte international dégradé, repoussant encore dans le temps la date prévisionnelle de relèvement des taux directeurs, pressurant la livre sterling à la baisse. Plusieurs membres de la Fed ces dernières semaines ont eux aussi mis en avant l’impact du baril de pétrole sur les niveaux d’inflation pour évoquer le fait que la Fed pourrait ne pas être en mesure de relever quatre fois ses taux directeurs en 2016 comme la plupart des membres l’estimaient fin 2015.


La baisse du baril reste un facteur favorable pour les pays importateurs, mais ceci passe en second plan alors que les statistiques économiques américaines récentes sont mal orientées (dont les ventes au détail de décembre publiées vendredi 15 janvier dernier) et que la croissance en Chine ralentit dans un contexte d’incertitude en raison de la volatilité de la devise. Avec la publication du PIB chinois sur le 4ème trimestre 2015, le ralentissement se confirme avec un taux de croissance qui passe de 6,9% à 6,8% (soit un point bas depuis 2009). Cette perte de dynamisme s’explique par le changement de modèle de croissance. De plus, la publication confirme que la Chine poursuit ses efforts pour abaisser sa dépendance à l’industrie et aux investissements, des efforts visant à réduire les surcapacités persistantes au sein de l’économie. Pour la première fois depuis plus de 30 ans, la production d’acier a reculé de 2,3%. De même, les investissements dans l’immobilier ont connu leur plus faible taux de croissance depuis 2009.


Au Japon, l’indice Tankan de confiance dans le secteur manufacturier a reculé en janvier, impacté par les craintes d’un ralentissement en Chine, entrainant ce mercredi 20 janvier les indices actions asiatiques à la baisse. Dans ce contexte, le gouverneur de la banque centrale a rappelé une nouvelle fois que l’institution était prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre au taux d’inflation de revenir vers son objectif de 2%.